Infections au VHC et HIV

Des progrès remarquables ont été accomplis dans le traitement de l'hémophilie au cours de ces dernières décennies. Ces avancées ont permis d'augmenter l'espérance de vie et d'améliorer considérablement la qualité de vie. Au début des années 1980, cependant, beaucoup de personnes ont été infectées par le VHC (virus de l'hépatite C) et/ou le HIV (virus de l'immunodéficience humaine) à cause d'une contamination du plasma. Grâce aux progrès réalisés dans la recherche et le développement de traitement d’élimination de ces agents infectieux, nous disposons aujourd'hui de meilleures directives pour combattre et traiter les infections et co-infections chez les patients hémophiles.

La génération HIV et VHC

Plus de 90 % des hémophiles traités au moyen de concentrés de facteurs dérivés du plasma avant 1985 ont été contaminés par le VHC, et plus de la moitié l'ont été par le HIV. Un grand nombre de patients infectés ont développé des infections chroniques, qui ont débouché dans de nombreux cas sur une hépatite, une mauvaise cicatrisation et d'autres complications. Parmi eux, 20 à 30 % ont développé une cirrhose du foie au fil des années (en moyenne 15 ans après l'infection).

Même si le VHC et le HIV ont eu un impact considérable sur l'ensemble des hémophiles, on assiste aujourd'hui à un recul de la mortalité associée au HIV grâce aux progrès des traitements antirétroviraux au cours des dernières décennies.

Complication des infections au VHC et au HIV

Le VHC est un virus véhiculé par le sang qui infecte les hépatocytes (cellules présentes dans le foie). Il est associé à des complications graves, telles que la cirrhose, l'insuffisance hépatique et le cancer du foie. Le pronostic s'aggrave avec l'âge. La co-infection par le HIV est associée à une diminution de la clairance du VHC et à une augmentation du risque d'hépatite. Comparativement aux patients infectés uniquement par le VHC, la vitesse de progression des infections chroniques (cirrhose du foie et insuffisance hépatique) est de quatre à huit fois supérieure chez les patients co-infectés par le VHC et le HIV.

Outre les complications sur le plan hépatique, le VHC et le HIV sont tous deux des facteurs de risque pour certains cancers. Le VHC est associé au carcinome hépatocellulaire (CHC), qui est une cause de mortalité majeure chez les hémophiles et est la forme de cancer du foie primitif la plus fréquente. Le HIV est associé au lymphome non hodgkinien (un cancer qui se développe à partir des ganglions lymphatiques), ainsi qu'au carcinome des cellules basales et au sarcome de Kaposi (des formes de cancer de la peau).

Traitement des infections au VHC et au HIV

Les traitements des infections au VHC et au HIV ont connu des avancées et des améliorations prodigieuses au cours des dernières années. De bons tests de dépistage sur le patient permettent aujourd'hui la détection précoce d'un cancer. Toutefois, le défi majeur dans la prise en charge des patients hémophiles réside dans l'identification de signes avant-coureurs que l'on serait tenté de considérer comme bénins. Des signes liés à certaines formes de cancer, comme une hématurie (sang dans l'urine) ou la présence de sang dans les selles, peuvent être considérés comme une « composante de l'hémophilie ». Il est donc important d'en parler de manière approfondie avec votre médecin traitant et de détecter les éventuels signes avant-coureurs de manière précoce.

Voici quelques questions que vous pourriez poser à votre médecin à ce sujet

  1. Quelles sont les complications associées à une infection au VHC ou au HIV à long terme ?
  2. Y a-t-il des éléments bien précis dont je dois tenir compte avec l'âge en tant que patient infecté par le VHC et/ou le HIV ?
  3. Que puis-je faire pour réduire le risque de complications ?
  4. Quels sont les traitements existants et quelle est leur efficacité ?
  5. Les médicaments employés dans le traitement d'une infection par le VHC et/ou le HIV s'accompagnent-ils de nombreux effets secondaires ?
  6. Dois-je me soumettre à un dépistage annuel pour les cancers associés au VHC et/ou au HIV ?
  7. Est-il nécessaire que je consulte un spécialiste en la matière en plus du médecin traitant mon hémophilie ?
  8. Quelles sont les structures auxquelles je peux faire appel pour apprendre à mieux vivre en étant positif au VHC et/ou au HIV ?
  9. Comment puis-je gérer l’anxiété liée au fait d'être positif au VHC et/ou au HIV ?
  10. Quelles sont les nouvelles possibilités de traitement en matière de VHC et/ou HIV ?